Code et ennéagramme
ISTJ et ennéagramme : ce que protège cet ordre
Le test vous a donné ISTJ pendant que vous notiez dans l’agenda papier le passage du ramoneur et la date limite de la déclaration en ligne. Le numéro d’ennéagramme n’est pas dans ces lettres. Le même ordre repose, selon les personnes, sur autre chose : une colère qui ne supporte pas le travail bâclé, la honte de ne rien valoir sans résultats, ou la peur que les demandes des autres emportent toutes les forces.
01
Ce que disent ces quatre lettres
La personne au code ISTJ fait le plein le dimanche soir pour ne pas rouler sur la réserve dans la semaine. Ses bulletins de paie, depuis le premier CDD, dorment dans des classeurs par année. Elle garde la mutuelle de l’ancien employeur tant qu’on ne lui prouve pas mieux, chiffres à l’appui. À la fête des voisins, elle apporte la quiche promise et discute surtout avec la gardienne. Les lettres réunies donnent quelqu’un à qui le club de randonnée confie l’itinéraire et les horaires du groupe, et qu’on a du mal à convaincre de changer ce qui marche.
À côté se tient ISFJ, et au premier regard on ne les distingue pas : tous deux discrets, ponctuels, de parole. La lettre de décision les sépare. Quand un collègue arrondit ses notes de frais, ISTJ le signale à la compta, même s’il se vexe ; ISFJ lui glisse un mot à part et laisse passer. ISTJ montre qu’il tient aux siens en remplissant chaque printemps la déclaration d’impôts de ses parents, ISFJ en passant les voir le dimanche avec le journal.
À quoi sert tout cet ordre, les lettres ne le disent pas.
02
Trois motifs derrière un même code
Trois exemples sur neuf : ce code peut naître de n’importe quel type
Pas de retour possible : du code, on ne remonte pas au motif
Lettre fragile : celle que ce motif tient le moins bien
Perfectionniste
Pour le type 1 avec ce code, l’ordre est la façon de ne pas sentir l’erreur comme une tache sur soi. Il tient à jour le carnet d’entretien de la chaudière et mène chaque tâche jusqu’au dernier point, c’est son J. Ses fautes, il les juge seul, en silence, sans témoin, c’est son I. Tous trois font la vaisselle avant de quitter un gîte, mais le type 1 relave ce que les autres ont essuyé à la va-vite. Ce qui vacille chez lui, c’est le T. La rigueur paraît impersonnelle, pourtant dessous il n’y a pas de calcul mais un jugement sur ce qui doit être. Tant que le juste coïncide avec le règlement, cela se lit comme de la logique ; quand il faut décider d’accorder un délai au locataire qui vient de perdre son emploi, il juge selon l’équité, et le test peut donner F.
Battant
Dans une mairie de province, le type 3 avec ces lettres est le secrétaire général dont aucune délibération n’a été retoquée par la préfecture. Il lui faut un résultat mesurable : délais, taux, dossiers bouclés, d’où le S et le J. Les émotions attendent que le dossier soit clos, et il décide à l’efficacité, ce qui se lit comme T. Tous trois aiment boucler un projet, mais le type 3 garde les articles du journal local qui citent la mairie. Ce qui travaille contre le code, c’est le I. La réserve n’est pas son tempérament, c’est l’image qui gagne à cet endroit. Dans une agence de communication parisienne, en un an il présenterait lui-même les campagnes aux clients.
Observateur
Le type 5 gère ses forces comme le dernier jeton de la laverie. Il les refait seul et dose les gens, c’est son I. Il décide sur les faits, parce que les sentiments demandent de l’implication et que l’implication coûte, d’où le T. Tous trois prennent la place côté fenêtre dans le TGV, mais le type 5 parce que personne ne l’enjambe pour sortir. Ce qui vacille chez lui, c’est le J. Il tient l’emploi du temps comme une clôture contre les demandes des autres, pas par amour du travail fini. Sans échéances venues du dehors, son projet de lire toute une collection de classiques s’arrête au choix de la bonne édition.
03
Comment savoir lequel des trois est le vôtre
- Vu du dehors, la même conduite
- Une question sur ce que la personne protège
- Votre motif à vous, pas les lettres
Trois personnes au code ISTJ mènent leurs affaires pareil : délais tenus, cases remplies, aucune surprise. Le comportement ne montre pas le motif, parce que chacune l’a appris pour une autre raison.
L’éloge sépare le type 1 du type 3. Le maire vous félicite pour l’organisation du vide-grenier, mais vous savez qu’un stand a été compté deux fois dans les recettes. Est-ce que ça soulage ? Si l’éloge n’aide pas et que le stand compté deux fois continue de vous travailler, c’est plus proche du type 1 : le juge est dedans. Si l’éloge clôt l’affaire, plus proche du type 3 : compte l’allure du résultat aux yeux des autres.
Le type 3 et le type 5 se séparent ailleurs. Qu’est-ce qui est pire : voir votre projet retoqué en conseil d’administration après l’avoir annoncé partout, ou une semaine d’astreinte où le téléphone sonne à chaque heure ? Le type 3 tient le siège, pas l’échec ; le type 5, l’inverse.
Ce qui distingue le type 1 du type 5, c’est ce qui met en colère. Quelqu’un gare sa voiture sur la piste cyclable ? Ce chemin mène au type 1. Un ami débarque « pour deux jours » qui en deviennent six ? Ce chemin mène au type 5.
La plus trompeuse est la question de l’éloge. ISTJ y répond avec le J : le stand compté deux fois dérange parce qu’un point reste ouvert. Si l’inquiétude s’en va dès que vous corrigez les comptes en silence, c’était l’habitude. Le motif se voit quand on ne peut plus rien corriger : cette erreur dit-elle quelque chose de vous, ou ne gêne-t-elle que jusqu’à ce qu’un autre la remarque ?
04
Ce que les lettres ne disent pas
Comment on agit : voilà ce que voient les lettres
Ce qui manque aux quatre lettres
- Niveau de développement
- Sous-type instinctif
- Où la charge vous emmène
Il n’existe pas de correspondance entre l’ennéagramme et le MBTI, et nous n’allons pas en fabriquer une. Les deux modèles ne découpent pas les gens selon la même ligne. Les tableaux de correspondance qui circulent sont écrits d’après observation, personne ne les a mesurés, et ils se contredisent entre eux. Ce qui a été mesuré va dans un seul sens, du type d’ennéagramme vers des lettres isolées : connaître le type aide un peu à prévoir les lettres. Cette page lit dans le sens inverse, là où rien n’a été mesuré, donc les trois motivations ci-dessus sont des exemples du mécanisme, pas une liste, et le type peut être n’importe lequel des neuf. Quand ça va mal, la personne au code ISTJ se fige dans l’amertume : elle rumine pendant des mois une injustice subie au travail et la raconte à chaque dîner. Quand ça va bien, son ordre rassure : rien ne se perd, et on peut lui poser une question sans recevoir de leçon ; le niveau de développement, les lettres ne le distinguent pas. L’instinct dominant dit ce que l’ordre protège : l’épargne et le toit, un seul lien proche ou la bonne réputation parmi les siens. Sous la charge, le type décide de la pente : le type 1 vers la tristesse et l’envie de la légèreté des autres, le type 3 vers l’apathie, le type 5 vers l’éparpillement.
05
Questions
ISTJ, mais le test d’ennéagramme me donne le type 3 : est-ce une erreur ?
Non. Le lien mesuré du type 3 va vers l’extraversion, donc le I va ici contre les données, mais les données parlent d’une proportion, pas d’une interdiction. Regardez d’où vient votre réserve. Si elle gagne dans votre milieu et disparaîtrait vite dans un milieu plus bruyant, c’est un type 3 à l’image discrète. Si le silence vous est nécessaire même sans public, revenez aux questions plus haut.
Pourquoi ai-je tant de mal à jeter les papiers ?
Garder les traces, c’est le S et le J, communs aux trois. Le motif se voit dans ce que le papier protège. Pour le type 1, pouvoir prouver qu’on a fait les choses correctement. Pour le type 3, garder la preuve de ce qu’on a accompli. Pour le type 5, ne pas avoir à redemander une information à quelqu’un.
On me reproche de trop vérifier les choses. D’où ça vient ?
Vérifier relève du S et du J, et les trois le font. Le motif tient à ce qui se passerait sans vérification. Le type 1 craint l’erreur en elle-même. Le type 3 craint qu’elle se voie et entame sa réputation. Le type 5 craint de s’être fié à une information incomplète et de devoir tout reprendre.
Pourquoi j’arrive à dire non au travail mais pas en famille ?
Au travail, les règles écrites aident le T et le J à trancher ; en famille, elles manquent. Le motif dit ce que le « non » coûterait. Au type 1, le sentiment de manquer à un devoir. Au type 3, l’image de celui sur qui la famille peut compter. Au type 5, une discussion plus longue que le service demandé.
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