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Code et ennéagramme

ESTP et ennéagramme : ce qui se joue derrière l’audace

On vous a sans doute reproché d’agir avant de réfléchir, et un test l’a résumé en quatre lettres : ESTP. Reste à savoir ce que l’ennéagramme mettrait derrière. Pas un chiffre tiré des lettres, car elles décrivent la vitesse et non ce qui la nourrit. Trois motifs sans lien entre eux, ne dépendre de personne, valoir aux yeux des autres, ne jamais rester coincé, peuvent fabriquer la même personne qui saute sur l’occasion. Pour trancher entre eux, vos actes aideront peu ; vos regrets, davantage.

01

Ce que disent ces quatre lettres

  1. D’où vient l’énergie

    ISTP
  2. Comment l’information est recueillie

    ENTP
  3. Ce qui tranche

    ESFP
  4. Le rapport au plan

    ESTJ

Code voisin : une seule lettre change

L’ESTP apprend en faisant : le kitesurf sans un seul cours, à force de chutes, et la plomberie de la salle de bains en démontant d’abord le siphon. Un jour de grève à la SNCF, pendant que le quai attend l’annonce suivante, il a déjà loué une voiture et trouvé trois inconnus pour partager l’essence. Le week-end prévu en Normandie devient, le jeudi soir, un aller-retour à Biarritz parce qu’un ami a une place libre. Il dit en face ce qui fâche, sans rancune ensuite, repère vite qui mène le jeu dans une soirée et décroche dès qu’une discussion reste dans l’abstrait. Réunies, ces habitudes dessinent un goût du risque qui s’évalue sur place, jamais sur un tableur.

On le prend facilement pour un ISTP, aussi habile de ses mains, aussi peu attaché aux plans. C’est l’orientation de l’énergie qui les sépare. À l’atelier vélo associatif, l’ISTP passe l’après-midi seul sous un cadre retourné, pendant que l’ESTP vante le vélo retapé à trois acheteurs à la fois. Après une journée intense, l’ISTP disparaît pour souffler, et l’ESTP enchaîne sur l’apéro.

Voilà pour l’allure ; vers quoi court cette personne, ou ce qu’elle fuit, reste à chercher ailleurs que dans les lettres.

02

Trois motifs derrière un même code

Trois exemples sur neuf : ce code peut naître de n’importe quel type

Pas de retour possible : du code, on ne remonte pas au motif

Lettre fragile : celle que ce motif tient le moins bien

8

Protecteur

Ne dépendre du bon vouloir de personne : autour de cette exigence le type 8 organise ses journées, et son ESTP en découle en deux gestes. Le S vient d’une méfiance envers tout ce qui ne se touche pas : un business plan sans premier client, une parole sans poignée de main, ce ne sont que des mots. Le P vient du refus de la laisse : l’horaire fixé par un autre l’irrite, la décision reste ouverte jusqu’au bout, et il change de route dès qu’il se sent mené. Face à un propriétaire qui retient la caution, les trois montent le ton ; le type 8 le fait parce que céder reviendrait à laisser l’autre décider pour lui. Sa lettre la moins solide est le T. Le calcul froid vaut pour les inconnus : à un ami d’enfance, il prête sans garantie la somme qu’il refuserait à n’importe qui d’autre.

3

Battant

Commercial sur un salon professionnel, le type 3 juge sa journée au nombre de rendez-vous posés, car sa valeur se lit dans les résultats et nulle part ailleurs. Il lui faut un résultat concret et rapide, ce qui explique le S : le chiffre de fin de mois plutôt qu’un chantier à cinq ans. Les états d’âme attendent leur tour ; on l’entend parler marges et délais, encaisser un refus sans drame, et c’est le T qui se voit. Vendre sa voiture sur Leboncoin en un après-midi, chacun des trois en est capable ; le type 3 soigne l’affaire parce qu’elle se racontera ensuite. Chez lui, le P tient moins bien. L’improvisation dure tant que le milieu va vite. Qu’il annonce au bureau courir le marathon de Paris, et surgissent un plan d’entraînement semaine par semaine et de l’agacement envers quiconque le dérange.

7

Épicurien

Tant qu’une issue reste en vue, le type 7 respire, et son ESTP sert d’abord à la garder. Le P en est l’instrument : aux invitations du samedi il répond « on verra », il garde deux options et laisse la peinture du salon à mi-mur sans remords, parce qu’être coincé lui coûte plus que ne pas finir. Le E sert aussi d’échappée : une terrasse, une ville inconnue, une bande d’amis éloignent ce qui commence à peser au-dedans. Quitter un CDI pour monter sa propre affaire, chacun des trois peut le faire ; le type 7 part avant que la routine ne pèse, pas faute de pouvoir ou de reconnaissance. Le S est sa lettre la plus fragile. Son esprit file vers les projets, et le présent ne le retient que s’il est agréable : un rendez-vous chez le notaire, une conversation qui fâche, et le voilà en train d’organiser l’été.

03

Comment savoir lequel des trois est le vôtre

  1. Vu du dehors, la même conduite
  2. Une question sur ce que la personne protège
  3. Votre motif à vous, pas les lettres

Regarder quelqu’un prendre un risque ne sert à rien ici : les trois misent vite, supportent mal l’emploi du temps d’un autre et négocient sans gants. Ce qui les sépare se trouve dans ce que chacun ne veut pas perdre.

Un client vous retire le dossier en pleine réunion, devant votre équipe. Le soir, qu’est-ce qui brûle encore : qu’un autre ait disposé de vous, ou ce que l’équipe pensera de vous lundi ? Revenir sans cesse sur qui a eu le dernier mot rapproche du type 8. Revenir sur l’image laissée rapproche du type 3.

On vous confie un chantier de dix-huit mois qui fera parler de vous dans la profession, à une condition : impossible de quitter le projet en route, même quand il deviendra fastidieux. Qu’est-ce qui pèse le plus lourd, le résultat qu’on saluera ou la liberté de partir, quitte à ne rien livrer ? Le premier choix penche vers le type 3, le second vers le type 7.

La direction ferme votre agence par un simple mail, sans vous consulter. Votre premier élan : monter au siège et forcer la porte, ou chercher déjà une sortie ailleurs ? Forcer la porte, c’est le type 8 ; se faufiler vers la sortie, le type 7.

Ce code a son piège à lui. À la question de ce qui brûle, l’ESTP répond par le coup suivant : « moi, je rebondis ». La réponse est vraie des trois, elle vient du S et du P, et ne départage rien. On la repère au verbe : il parle de la suite, et rien n’y dit ce qu’il en a coûté de perdre.

04

Ce que les lettres ne disent pas

Comment on agit : voilà ce que voient les lettres

Ce qui manque aux quatre lettres

  • Niveau de développement
  • Sous-type instinctif
  • Où la charge vous emmène

Il n’existe pas de correspondance entre l’ennéagramme et le MBTI, et nous n’allons pas en fabriquer une. Les deux modèles ne découpent pas les gens selon la même ligne. Les tableaux de correspondance qui circulent sont écrits d’après observation, personne ne les a mesurés, et ils se contredisent entre eux. Ce qui a été mesuré va dans un seul sens, du type d’ennéagramme vers des lettres isolées : connaître le type aide un peu à prévoir les lettres. Cette page lit dans le sens inverse, là où rien n’a été mesuré, donc les trois motivations ci-dessus sont des exemples du mécanisme, pas une liste, et le type peut être n’importe lequel des neuf. Sous tension, la vitesse de l’ESTP tourne à la fuite en avant : il double la mise pour se refaire, force la main aux autres, et laisse derrière lui des dettes et des amis fâchés ; à l’aise, les mêmes lettres donnent le négociateur qui débloque en une heure ce qui traînait depuis des mois. Selon le sous-type instinctif, que le code ne montre pas, l’élan va à la sécurité de son cercle, à sa place parmi beaucoup de gens ou à une seule personne. Quand la charge s’installe, l’un se retire et fait ses comptes en silence, l’autre s’enlise dans des tâches minuscules, le troisième reprend tout le monde sur des détails, et leurs lettres ne changent pas.

05

Questions

ESTP, et l’ennéagramme me donne le type 7 : faut-il douter du test ?

Pas du test, mais regardez de près votre S. Les mesures relient le type 7 au N : l’attention part vers les idées et vers la suite. Chez un type 7 aux lettres ESTP, le présent retient tant qu’il est agréable. Pensez à une attente pénible, aux urgences ou dans une réunion qui s’éternise. Si votre tête file alors vers le prochain voyage, le test et le code ne se contredisent pas : ce S est un goût, pas un appui.

On associe ESTP à l’adrénaline. Le goût du risque, est-ce mon motif ?

Non, le risque est une manière de faire, et les trois la partagent. Le type 8 prend des risques pour ne pas se retrouver plus faible que la situation, le type 3 pour une victoire qui se verra, le type 7 pour ne pas rester immobile face au désagréable. Imaginez un an sans aucune prise de risque : dépendre des autres, passer inaperçu ou tourner en rond, lequel vous pèserait le plus ?

L’introspection, très peu pour moi. Comment trouver mon motif alors ?

Inutile de fouiller, un seul épisode suffit. Prenez la dernière fois où vous avez tout plaqué, un club, un travail, une relation, et retrouvez non pas ce que vous avez fait, mais ce qui, à ce moment-là, ne se supportait plus. Une scène se rappelle plus facilement qu’un sentiment ne se démonte, et elle montre ce qu’on vous retirait : la main, la face ou la sortie.

Les projets au long cours m’ennuient vite. Est-ce un indice de type ?

L’ennui en lui-même, non : sur la durée, les trois s’ennuient, chacun à sa façon. Le type 8 étouffe quand il n’a rien contre quoi pousser. Le type 3 se sent vide quand aucun résultat ne se voit. Le type 7 souffre quand le projet le retient près de quelque chose de pénible, sans issue. Pensez à un projet abandonné et nommez ce qui lui manquait : un adversaire, un public ou une porte de sortie.

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